La grève est un droit reconnu par la Constitution en République Démocratique du Congo en son article 39 : “Le droit de grève est connu et garanti. Il s’exerce dans les conditions fixées par la loi qui peut en interdire ou en limiter l’exercice dans les domaines de la défense nationale et de la sécurité ou pour toute activité ou tout service public d’intérêt vital de la Nation”. Les travailleurs déclenchent un mouvement de grève pour diverses raisons.
D’après le Chef de Travaux Emmanuel Vukali, enseignant à l’Université Officielle de Semuliki (UOS/Beni) en faculté de droit, les causes les plus fréquentes sont notamment le non-paiement de salaire des travailleurs et le refus d’amélioration des conditions de vie de ces derniers par l’employeur. Il insiste que la grève doit être respectée, car c’est un droit constitutionnel en RDC.
“Alors que le contrat prévoit qu’on doit par exemple payer le salarié, mais l’employeur refuse pour un motif inavoué à payer le salaire au travailleur. Il y a aussi le refus d’octroyer le congé, ça peut être un congé annuel, un congé de circonstances. Il peut arriver”.
À la question de savoir : est-ce que le droit de grève est respecté en RDC ? Notre interlocuteur a répondu en ces termes :
“Je peux à la fois oui ou non. Mais, généralement, je peux dire que ce droit est respecté. Ce sont peut-être les travailleurs qui ignorent ce droit là”.
En ce qui concerne les employés régis par le Code du travail, la procédure commence devant l’inspection du travail qui tente de concilier les antagonistes. En cas de non-conciliation, la partie lésée doit saisir la juridiction compétente.
“L’inspecteur du travail procède à une conciliation. En cas conciliation, la grève est levée, les travailleurs vont retourner au travail. Mais, lorsque l’inspecteur du travail n’arrive pas à concilier les parties antagonistes, la partie lésée peut récupérer le PV (Procès verbal, ndlr) dressé par l’inspecteur du travail pour saisir le Tribunal travail”.
Et de poursuivre : “Pour faire la grève, il faut respecter la procédure. Les travailleurs qui comptent aller en grève doivent aviser l’employeur en temps, 6 jours avant. Si, par exemple l’employeur ne répond pas à leurs revendications, ils pourront cesser de travailler”.
Ce juriste pense que les travailleurs doivent être suffisamment informés de leurs droits. À l’en croire, les grévistes doivent aussi respecter les textes légaux du pays et les droits d’autrui pendant leur manifestation. Notons aussi que, le 18 février de chaque année, l’humanité célèbre la journée mondiale d’action en faveur du droit de grève.
MfumuNkento